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| Caractéristiques générales |
 Une population agricole supérieure à la moyenne régionale et nationaleLa population agricole familiale (PAF), c'est-à-dire le nombre de personnes (chefs d'exploitation et membres de leur famille) vivant ou travaillant régulièrement sur les exploitations agricoles a diminué de 44% en 20 ans, passant de 14 862 à 8 316 personnes. Elle représente toutefois encore 6% de la population totale du département, ce qui est nettement supérieur à la moyenne nationale (3,6%) et régionale. Les Alpes-de-Haute-Provence restent donc un département très agricole.
La population ayant une activité agricole est de l'ordre de 10 000 personnes, soit près d'un actif sur cinq. Souvent exercée à temps partiel, cette activité représente l'équivalent de 3 912 Unités de Travail Annuelles ou UTA, chaque UTA correspondant à une personne travaillant à temps complet pendant une année. 70% des UTA agricoles sont de nature familiale et 30% sont le fait des salariés. Au total, l'agriculture emploie 9,4% des actifs du département. De plus, elle induit des emplois dans les secteurs d'amont et d'aval et participe au développement touristique. Elle constitue un secteur particulièrement important pour les Alpes-de-Haute-Provence.
L'activité agricole s'exerce au sein de 2 947 exploitations agricoles. 1447 d'entre elles, soit 49%, sont des exploitations professionnelles, c'est-à-dire employant au moins 0,75 UTA et ayant une superficie équivalente à 12 hectares de blé dur. Elles cultivent 88% de la surface agricole départementale et emploient 83% des UTA agricoles. Les 1 500 exploitations non professionnelles appartiennent à des retraités dans 40% des cas, à des agriculteurs à titre secondaire ou à des pluriactifs. Ce sont souvent de très petites unités qui se consacrent à l'oléiculture, à l'apiculture ou à l'élevage des chevaux. Leur nombre diminue plus vite que celui des exploitations professionnelles. Elles ne représentent plus que 51% des exploitations en 2000 contre 64% en 1979.
La main-d'œuvre des exploitations professionnelles a, au cours des dix dernières années, diminué de 10% et changé dans sa composition.
Etant donné le développement des formes sociétaires d'exploitation, notamment des GAEC (une centaine en 1988 pour 300 en 2000), une part significative des exploitations comporte plusieurs chefs d'exploitation. Il faut donc retenir aujourd'hui le terme statistique de « chefs d'exploitation et co-exploitants » pour obtenir le nombre de chefs d'exploitation. Exprimé en UTA, ce nombre a diminué de 14% entre 1988 et 2000, alors que la baisse est de 19% pour le nombre d'exploitations professionnelles. Les membres de la famille non co-exploitants sont beaucoup moins nombreux et participent moins souvent aux travaux de l'exploitation. C'est le cas en particulier des conjoints d'exploitants qui sont 40% à occuper un emploi à l'extérieur de l'exploitation en 2000 contre 25% en 1988. Le nombre des salariés permanents est en légère baisse. Il ne concerne que 150 exploitations professionnelles. En revanche, le nombre de saisonniers s'est fortement accru depuis 1988, 500 exploitations ont recours à ce type de main-d'œuvre. Au total, le nombre d'UTA par exploitation professionnelle a augmenté ces 10 dernières années de 10%. Cet accroissement a été accompagné d'une professionnalisation de la main-d'œuvre.
L'âge moyen des exploitants agricoles connaît un léger rajeunissement, 45 ans en 2000 contre 47 en 1988, dû à la diminution de la part des exploitants âgés de plus de 60 ans. Un tiers des exploitants a moins de 40 ans, un tiers a entre 40 et 49 ans, le dernier tiers a 50 ans et plus. |
L’agrandissement des exploitations | La Superficie Agricole Utilisée (SAU) est de 198 000 hectares. Elle représente seulement 28% de la surface totale du département (695 000 hectares). Au cours des dix dernières années, la SAU a diminué de 7%, mais cette diminution a principalement concerné les espaces pastoraux. En effet, la SAU départementale est constituée de :
- 67 000 hectares de terres labourables qui ont très légèrement régressé, essentiellement sous l'effet de l'urbanisation,
- 5 700 hectares de vergers et de vignes dont la surface est constante,
- 126 000 hectares de surface toujours en herbe qui a diminué de 9,6%.
La déprise pastorale qui affecte le département se poursuit au rythme de 1% par an environ. Cette perte ne concerne pas les exploitations professionnelles qui au contraire s'agrandissent.
En 20 ans, la surface moyenne des exploitations professionnelles est passée de 68 hectares à 101 hectares (+ 49%), mais ce constat doit être relativisé. En effet, pour tenir compte de l'accroissement des formes sociétaires, la comparaison doit porter sur la surface par chef d'exploitation et co-exploitant.
L'accroissement de la surface moyenne n'est alors plus que de 29%. De plus, en 2000, une superficie d'environ 20 000 hectares constituée pour l'essentiel de surfaces fourragères extensives a été comptabilisée dans la SAU des exploitations professionnelles alors qu'elle ne l'était pas auparavant. Si on garde la même base de comparaison entre 1988 et 2000, l'accroissement en vingt ans n'est plus que de l'ordre de 9%.
Les valeurs moyennes dissimulent une grande diversité des structures d'exploitation (taille et nombre) et de leur évolution (cartes en annexe) au cours des 20 dernières années.
La répartition de la SAU par classe d'âge (tableau 5) montre que si le nombre d'exploitations par classe est resté sensiblement identique, les exploitants les plus âgés ne détiennent que le quart de la SAU. Ils possèdent donc les exploitations les plus petites. Leur cessation d'activité prochaine devrait libérer 38 000 hectares qui devront trouver des repreneurs. Or, à ce jour, seulement la moitié de ces exploitants a un projet à ce sujet. |
Un équipement renforcé | Depuis 1988, le nombre de tracteurs a diminué, mais moins fortement que le nombre d'exploitations. En fait, le nombre de tracteurs par exploitation a progressé de 20%. On atteint deux tracteurs par co-exploitant et un tracteur par UTA.
Plus significative est l'augmentation de la puissance des tracteurs. La part des tracteurs de plus de 80 chevaux a doublé alors que celle des moins de 55 chevaux a diminué de 55%.Cette évolution reflète l'amélioration qualitative de l'équipement qui est plus spécialisé et mieux adapté aux travaux en particulier en ce qui concerne le matériel de récolte que ce soit pour les fourrages, les plantes à parfum ou la viticulture. |
En conclusion | | L'agriculture des Alpes-de-Haute-Provence est une activité particulièrement importante en terme d'emploi et de développement territorial. Les structures agricoles très diverses se sont agrandies et professionnalisées au cours des deux dernières décennies, tant sur le plan de la main-d'œuvre que sur celui de l'équipement. Un des enjeux majeurs pour l'avenir est le renouvellement des exploitations pour contenir la déprise agricole. |
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