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Accueil > L'agriculture des AHP > Ses caractéristiques > Les productions animales I Page mise à jour le 09/01/2007
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Les productions animales

L’élevage ovin tourné vers l’avenir reste la production phare du département


Un agriculteur bas-alpin sur 3 est un éleveur de moutons à temps complet. Le plus souvent, il en tire l'essentiel de son revenu. Les ovins valorisent des pâturages peu productifs qu'ils sont les seuls à pouvoir pâturer. Ils participent fortement au maintien d'une population rurale dans les zones difficiles du département.


L'activité ovine contribue de façon importante au modelage du paysage départemental. En effet, si seulement 1 hectare labourable sur 7 est destiné aux ovins, le tiers de l'espace total départemental est utilisé par les ovins. Par son pâturage, le mouton participe donc fortement à l'entretien de l'espace et à la prévention de l'embroussaillement et des incendies. C'est donc un rôle essentiel que cet élevage joue dans l'aménagement du département.

L'aspect économique

L'élevage ovin représente 9 % du produit brut agricole départemental 1992. La présence d'une production ovine importante à proximité du premier pôle français de consommation a permis l'émergence d'un secteur aval relativement puissant. En effet, au niveau de l'abattoir de Sisteron, second abattoir ovin de la C.E.E., c'est non seulement la production départementale qui est abattue, mais aussi des agneaux d'autres provenances. L'activité de chevilles et d'abattage -notamment de Sisteron- représente en terme économique et donc d'emploi une richesse non négligeable.

Enfin, l'élevage ovin ne génère pas d'excédent. En effet, que ce soit au niveau européen, français ou plus encore régional, c'est une production déficitaire. Le soutien à cet élevage permet d'améliorer notre balance commerciale.

Taille des troupeaux, installation

L'élevage ovin départemental se caractérise par des tailles moyennes de troupeaux importantes. Nous sommes, après les Bouches du Rhône, le département français où les tailles des troupeaux sont les plus élevées : 48 brebis par élevage en France contre plus de 180 dans le département. En fait, ce sont les structures moyennes de 100 à 400 brebis qui prédominent. On constate que le département, et plus généralement la région, ont toujours eu des tailles de troupeaux plus élevées que les autres régions françaises, et que cet écart continue de se creuser.

L'augmentation de la taille des troupeaux est permise par la libération de terres des petites exploitations qui arrêtent faute de successeurs. Ces augmentations sont nécessaires aux éleveurs pour le maintien de leur revenu. Cependant, elles accélèrent le processus de désertification de certaines zones. L'effectif ovin départemental est de 215.000 brebis en fin d'année 2004, ce qui place le département dans les 10 premiers français. Par contre, le nombre d'éleveurs ne cesse de diminuer. Il était de près de 1.300 en 1977 et guère plus de 700 éleveurs en 1993.

L'élevage ovin est la production où il y a le plus d'installations, et le plus souvent avec des troupeaux importants. Ces 15 dernières années, 1 installation sur 4 s'est fait en élevage ovin, ce qui reste considérable.

Valorisation des zones difficiles

Le mouton est présent sur l'ensemble du département. En effet, seules 23 communes sur 198 n'ont aucune brebis recensée. Et le plus petit canton a 750 brebis. Cependant, la densité ovine est moindre sur le secteur Val de Durance, le Plateau de Valensole et Puimichel, ainsi que dans une moindre mesure l'arrière pays varois (Annot, Entrevaux, Castellane). Par contre, l'élevage ovin est fortement présent sur le Haut Verdon, le secteur de Digne, la moyenne vallée de l'Ubaye, le Sisteronnais et le Pays de Forcalquier. L'élevage ovin est donc surtout présent dans des zones où la surface fourragère n'est pas trop limitante sans être très intensifiable et où il y a des surfaces pastorales de proximité. Plus de 90 % des élevages et du cheptel sont localisés en zone de montagne et de haute-montagne.

Conduite d’élevage et enjeux

Les brebis sont de races rustiques locales (Mérinos, Préalpes ou « Rouge »), parfois avec des béliers de race à viande. La productivité animale est faible : environ 0,9 agneau par brebis et par an. La production dominante est celle d'agneaux de bergerie élevés sous la mère, qui sont abattus entre Noël et Pâques. Ce sont de petites carcasses de moins de 16 kg de viande.

La surface fourragère cultivée est peu productive. Mais l'élevage ovin utilise d'importantes surfaces pastorales (alpages, parcours...) Ces surfaces pastorales permettent d'économiser les prairies et suffisent à l'alimentation du troupeau quand les brebis n'ont pas d'agneaux. Ces pratiques permettent une économie importante dans les coûts d'alimentation et compensent la faiblesse des recettes. L'élevage ovin départemental a donc des résultats économiques comparables à celui des autres régions françaises. Cependant, ces résultats restent faibles en valeur absolue. A noter la présence de plusieurs éleveurs « brebis laitières » installés en élevages spécialisés avec une vente directe (fromages).

L'élevage (et notamment l'élevage ovin) souffre de mauvaises conditions de travail qui, parfois, découragent les jeunes de reprendre l'exploitation familiale. Depuis une dizaine d'années, les éleveurs ont pris conscience du problème : on voit se multiplier les clôtures, la balle ronde remplace progressivement les petites bottes et de nouvelles bergeries plus fonctionnelles se construisent. Cependant, il reste encore beaucoup de chemin à parcourir et cela demande des investissements que les éleveurs ont souvent du mal à financer. Pourtant, ces améliorations sont nécessaires car la main d'œuvre familiale a tendance à régresser (de plus en plus de conjointes travaillent en dehors de l'exploitation) alors que la taille des troupeaux augmente.

La compensation des handicaps

La filière ovine est en complète ouverture sur le marché mondial (à quelques exceptions près). L'Europe étant déficitaire, les importations, essentiellement néo-zélandaises, entrent sans limitation de quantité et avec 0 % de droits de douane. Ces agneaux congelés arrivent en Europe à des prix très bas et concurrencent durement notre production. En contrepartie, les éleveurs perçoivent une prime qui compense plus ou moins la baisse des cours qui en résulte. D'autre part, l'élevage ovin permettant un réel entretien de l'espace qui profite à tout le monde, les éleveurs bénéficient désormais d'aides à l'entretien de l'espace. Enfin, la plupart des éleveurs du département bénéficient d'une aide pour compenser le handicap de la zone de montagne. Au total, ces subventions représentent autant que la vente des agneaux. Cela peut paraître élevé mais, en fait, la production ovine bénéficie d'aides directes aux éleveurs alors que la plupart des productions, et pas seulement agricoles, ont des aides indirectes : aides au stockage, aides à l'exportation, limitations des exportations...

Vers une production de qualité

La production régionale ne représente que le quart de ce qui s'y consomme. Or, l'agneau de pays possède des qualités gustatives indéniables qui en font un agneau recherché par le consommateur. Pour cela, il est urgent que la filière mette en place au niveau régional un système d'identification de l'agneau de pays. Cela permettrait à notre production de maintenir ses parts de marché. Cela suppose également qu'il y ait un réel effort pour adapter notre produit aux contraintes commerciales. L'amélioration doit porter principalement sur l'homogénéité des carcasses afin d'en améliorer la commercialisation auprès de la grande distribution. Des tâches certes difficiles, mais dont la réalisation devrait être facilitée par une organisation économique solide. Pour l'éleveur ovin, si le temps reste à la vigilance, l'horizon semble laisser entrevoir un rayon de soleil.

L’élevage de brebis laitières enrichit et diversifie la gamme départementale des produits fermiers

L’élevage de brebis laitières connaît un développement régulier depuis une quinzaine d’années dans les Alpes de Haute Provence. Les élevages sont spécialisés et tirent l’ensemble de leurs revenus de cette activité. La taille moyenne des troupeaux en 1992 était de 110 brebis. De nombreuses races sont représentées sur le département, mais c’est la race Lacaune qui domine pour 63 % des élevages. La conduite du troupeau est plus ou moins pastorale selon la structure des exploitations (entre 10 et 40 ha de SFP) et constitue la particularité de nos systèmes de production.


La production laitière est passée de 130 à 170 litres de 1988 à 1992. Elle est dans la plupart des cas transformée sur l'exploitation en une gamme de produits de forme et de nature diversifiées (lactiques, pâtes molles, pâtes pressées, yaourts, etc). La commercialisation des fromages a lieu en direct (marchés locaux ou à la ferme) ou auprès de grossistes de la région (Côte d'Azur ou région d'Avignon). De nombreux marchés sont encore disponibles et permettront de nouvelles installations. La bonne valorisation du litre de lait rend tout à fait comparable cette activité aux autres productions animales du département. La production de viande n'est qu'un sous-produit.

Cette jeune filière vient donc enrichir et diversifier la gamme des produits fermiers des Alpes de Haute Provence. Elle s'organise et fait porter ses efforts sur la production où des marges de progrès sont encore possibles.

Troupeau de chevres

L’élevage caprin en vitesse de croisière

Elevage traditionnel des Alpes de Haute Provence, l’élevage caprin, après une chute importante de son effectif entre 1960 (16.000 têtes) et 1970 (8.000), a connu entre 1975 et 1985 un très net regain d’intérêt. En effet, durant cette période, des élevages spécialisés se sont créés, parfois en complément d’élevages bovins ou ovins, mais ils ont été surtout le fait d’installations de nouveaux éleveurs.


Depuis 1985, ce mouvement s'est quelque peu ralenti et l'effectif de chèvres s'est stabilisé autour de 7 à 8.000, réparties dans 640 exploitations. Parmi elles, seulement 130 détiennent un atelier caprin spécialisé, pour un effectif de 5.000 chèvres. Les autres sont, pour la plupart, des exploitations ovines détenant de 1 à 10 chèvres.

En fait, si l'effectif caprin n'a pas augmenté, il a considérablement évolué. Les caprins répartis dans les troupeaux ovins ont diminué de façon très importante au profit d'élevages et d'ateliers spécialisés caprins. Une forte proportion d'élevages est implantée au sud-ouest d'une ligne allant de Sisteron à Riez, avec une densité importante dans les cantons de Forcalquier et Banon. Ailleurs, les élevages sont plus dispersés.

La production caprine départementale est à 95 % fromagère fermière. Une très grosse majorité de chevriers fabriquent et vendent eux-mêmes leurs fromages. Cette commercialisation se fait par de nombreux canaux et peut être très variable d'un élevage à l'autre : vente directe à la ferme, sur les marchés, en épiceries, crémeries, restaurants, en grandes et moyennes surfaces, par des intermédiaires, des commissionnaires. Notons toutefois la présence d'une laiterie qui collecte, transforme et commercialise la production laitière d'une dizaine d'éleveurs.

La commercialisation des chevreaux de boucherie se fait aux bouchers, volaillers ou par l'intermédiaire d'une coopérative, qui assure également l'élevage et la  commercialisation annuelle de 300 reproducteurs (chevrettes et jeunes boucs), apportant ainsi un complément de revenu non négligeable aux éleveurs. L'élevage angora est également présent à travers une dizaine d'élevages commercialisant du mohair, et parfois des reproducteurs.

Depuis les années 80, le marché national du fromage de chèvre est en augmentation régulière. Le produit « haut de gamme » que proposent les producteurs les aide à se démarquer et à faire de leur élevage une activité rémunératrice, qui permet à des ateliers de taille modeste de vivre en zone difficile de montagne. Cette production s'affirme et joue résolument la carte de la qualité par la mise en place d'une identification régionale sur les fromages fermiers, les produits caprins et une AOC sur le fromage de Banon.

L’élevage bovin résiste et se spécialise

Selon le recensement général de l’agriculture de 1988, l’élevage bovin était représenté par 348 éleveurs détenant 10.845 bovins. Il est concentré essentiellement vers le nord du département. Le pays de Seyne les Alpes et la vallée de l’Ubaye représentent 45 % des éleveurs et 60 % du cheptel. Ailleurs, il est présent par petits bassins (Digne, Forcalquier, Sisteron, Turriers).


Situé donc essentiellement en zone de montagne, l'élevage bovin, au même titre que l'élevage ovin, joue un rôle essentiel en terme d'occupation et d'entretien de l'espace. De plus, si cette spéculation concerne aujourd'hui moins de 300 exploitations, il est important de retenir que de nombreux jeunes agriculteurs ont su, au cours de ces dernières années, rechercher la spécialisation de leur production et créer ainsi des unités économiquement viables.

Après avoir connu une phase de restructuration qui a conduit à une baisse importante du nombre d'éleveurs mais aussi des litrages, la production laitière est aujourd'hui stabilisée autour de 80 exploitants, le plus souvent jeunes, détenant un quota départemental de 5.800.000 litres (laiteries + ventes directes).

Trois entreprises coopératives et privées assurent la collecte sur l'ensemble du département. A côté des « livreurs laiterie », une vingtaine d'éleveurs transforment et vendent en direct leur production.

Comme les élevages laitiers, les exploitations bovins-viande sont situées dans le nord du département. Le Pays de Seyne possède le réseau d'éleveurs le plus important, avec le nombre de vaches allaitantes par exploitation le plus élevé. Le système d'élevage dominant est le système « naisseur producteur de maigre » (broutards). Malgré l'évolution récente de la part de jeunes éleveurs vers ce système de production bien identifié et stabilisé, la production départementale reste encore hétérogène. Les Alpes de Haute Provence n'ayant pas une tradition d'élevage bovin, le réseau de commercialisation est peu structuré et n'a pas une demande clairement définie.

La production porcine

La production porcine dans le département est assez bien répartie sur l'ensemble du territoire. Les éleveurs sont répartis dans les mêmes proportions entre :
  • engraisseurs avec approvisionnement de porcelets à l'extérieur en général,
  • naisseurs-engraisseurs avec des tailles d'atelier en moyenne de 60 à 70 truies,
  • naisseurs assez souvent installés en plein air et ayant démarré récemment avec des tailles d'atelier de 30 à 40 truies.


Depuis plusieurs années, les installations se sont réalisées dans des ateliers de naissage en plein air, qui donnent de bons résultats, en allégeant les investissements de départ.

La majorité des élevages s'oriente vers la fabrication d'aliments à la ferme à partir des céréales produites sur place. Une recherche est également faite pour mettre au point des bâtiments légers pour l'engraissement des porcs, dans des conditions d'investissements acceptables.

La majorité des élevages est suivie dans le cadre du RNED (Réseau National d'Expérimentation et de Démonstration), en gestion technique des troupeaux de truies et en gestion technico-économique, avec enregistrement et traitement des résultats sur l'élevage même. Ce système permet un suivi précis et rapide de la marche des élevages.


L’élevage équin

Si le mulet a fait la réputation du Pays de Seyne les Alpes, aujourd’hui l’élevage du cheval lourd est devenu quasi confidentiel. Seuls quelques dizaines d’éleveurs continuent par passion à entretenir des juments poulinières. Les poulains femelles sont élevés et vendus en général pour l’élevage, les mâles sont pour la plupart vendus en boucherie. Les mulets trouvent encore preneurs en Italie.


L'élevage du cheval de selle est concerné essentiellement par les centres équestres, qui font naître les poulains et les débourrent pour leurs propres besoins. Quelques jeunes agriculteurs basent leur installation sur l'élevage équin, la plupart du temps en association avec d'autres productions.

La diversification des productions animales

Si le lapin et le pigeon sont dans notre département les voies principales de diversification, les élevages de volailles fermières, de gibiers et autres escargots sont également présents. Une douzaine d'éleveurs de lapins regroupe 1.200 mères, pour la plupart naisseurs-engraisseurs, en écoulant leur production par l'intermédiaire d'un volailler. L'élevage de pigeons représente 5 à 6.000 couples, détenus par une dizaine d'éleveurs. La commercialisation se fait pour moitié en vente directe, pour moitié en vente organisée.

Les producteurs d'œufs, regroupés en coopératives, détiennent environ 350.000 poules pondeuses dont la production est commercialisée vers les petits commerces, les grandes surfaces, l'hôtellerie et les collectivités locales. Plus d'une quarantaine d'éleveurs fournissent les différentes sociétés de chasse du département en gibiers à poil et à plume (lapins, lièvres, cailles, sangliers, perdrix, faisans, perdreaux, cerfs, chevreuils, daims...)

Ruches

L’apiculture

L’apiculture est une production importante de l’agriculture des Alpes de Haute Provence. Le rucher départemental se place au deuxième rang national, avec plus de 750 apiculteurs et 30.600 ruches.

De nombreuses installations se sont réalisées dernièrement et les producteurs d’aujourd’hui, jeunes dans l’ensemble, ont un bon niveau technique.


La production de miel, très irrégulière ces campagnes passées, est commercialisée selon des circuits variés (détail, demi-gros, gros) parfois collectivement mais la plupart du temps individuellement.

Pour en savoir plus...

Vous pouvez télécharger ou consulter les documents ci-dessous, au format PDF. Leur lecture nécessite la présence sur votre ordinateur du logiciel gratuit Adobe Reader. Si vous ne le possédez pas, vous pouvez le télécharger gratuitement en cliquant sur l'image ci-dessous.


Des productions animales dominées par l'élevage ovin
par Jean Luc Fabre, président de l'EDE, chambre d'agriculture 04
 

application/pdf Productions-animales-dominees-par-elevage-ovin.pdf (118Ko)


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